mercredi 5 novembre 2008

So what?!

Le week-end dernier s'est terminé hier soir...
En effet, en Russie, le 4 novembre, depuis 2005, a lieu la "Journée de l'Unité du peuple". En réalité, ce jour ferié est bien plus ancien qu'il n'y paraît: il ne fait que remplacer la fête de la Révolution d'octobre 1917 ... Et comme ce jour est ferié dans toute la Russie, et que cette année il tombait un mardi, la plupart des institutions ont travaillé samedi dernier afin de pouvoir faire le pont lundi...
Donc la semaine a été longue, et le week-end... éprouvant!
Samedi soir, nous avons passé la soirée avec les étudiants de 3ème année... et c'est dans ces moments que l'ont apprend de nouvelles choses sur les pratiques russes...
Après cette soirée sympathique, avec tartiflette au menu (adaptée aux produits locaux... difficile de trouver du Reblochon au milieu de la Russie!) et chants à la guitare, nous avions invité Vera le dimanche soir. Vera est professeur de français à l'université... à nouveau, nous en avons profité pour manger français: crêpes complètes et vin rouge français! Mais nous avons aussi goûté les confiseries apportées par notre invitée: chocolats fourrés et "caramels" appelés "Moscovites". Pendant la soirée, les échanges d'informations sur la Russie et la France ont été nombreux...
Vers 23h00, les premiers flocons de neige recouvraient le toit des voitures du parking d'en bas.
A ce stade, le virage émotionnel du week-end nous attendait.

Le lendemain matin (lundi), alors que nous n'avions pas totalement récupéré de ces deux soirées, nous partions à 6h45 de l'appartement pour retrouver un étudiant de première année à quelques stations de bus de chez nous. La visite d'un musée sur les dinosaures nous attendait dans une ville relativement proche de Vyatka.

Ce rendez-vous matinal était nécessaire pour retrouver l'ensemble des étudiants qui devaient partir avec nous et acheter les billets à la gare, sachant que le départ du train était prévu à 8h10.
Finalement, à 8h10, assis dans le train, nous avions achété nos billets en 5 minutes et une seule étudiante nous avait rejoint...
Après 2 heures de transport, nous sommes arrivés dans la ville de Kotelnitch(Котельнич)... (Котельнич est une ancienne grande ville prospère, autrefois bien supérieure à Vyatka).Nous sommes descendus, et nous avons retrouvé Nastia sur ce quai, où une odeur forte de mazout régnait. Après quelques pas sous le ciel gris plombant, nous avons eu droit aux premières images de la ville: des déchets répandus sur le bord des routes. Au milieu de la route, les pigeons suicidaires se lavaient dans le liquide des flaques.
Nous avons donc marché jusqu'au musée. Avant de descendre du train, étant données les informations données par les étudiants de 1ère année, je m'attendais à trouver un vieux bâtiment au design soviétique, mettant à profit ses immenses lignes droites pour exposer les squelettes (on nous avait informait qu'il s'agissait de squelettes et non de moulages!) des dinosaures retrouvés sur les berges de la Vyatka qui coule jusque là... Plus les mètres défilaient, plus les dimensions du bâtiment fondaient dans ma tête.
Sans prévenir, le mini-cortège s'est arrêté devant une porte. A côté de celle-ci, une affiche rassurante présentant le musée. De belles photos, un arrangement réussi. En passant la porte, nous avons découvert aussitôt les deux premiers restes de dinosaures: la gardienne et son chien aussi vieux qu'elle. Le premier des deux dinosaures s'est adressé à nous en nous demandant 10 roubles pour la visite (soit moins de 50 centimes d'Euros!!!). Satisfaits et en même temps intrigués du coût de l'entrée, nous nous sommes glissés dans la première salle. Une magnifique étendue d'au moins 12 m² nous tendait les bras. La première vitrine présentait de véritables moulages de squelettes trouvés aux USA: 15 par 20 centimètres... Après avoir passé les deux premières vitrines, nous arrivions à la porte donnant sur la seconde salle. Il était temps de se retourner pour finir la visite du premier hall d'exposition: face à nous trois vivariums artisanaux se partageant l'espace avec 2 mini-cages et 3 micro-aquariums... Dans chacun des récipients, nous avons vu moins d'animaux qu'à Jardiland: un poisson rouge, deux gerbilles, une armée de phasmes forcés au cannibalisme, des cloportes de Madagascar mangeurs de bretzels, un crocodile, des tortues et un iguane se marchant sur la queue à cause de la surface à sa disposition ne lui permettant pas de s'étendre de la tête à la queue.
Face à la magie du moment, il nous fallait rapidement passer dans la seconde salle d'exposition. 12 m² aussi. Dans cette deuxième pièce, les néons nous mettaient en valeur quelques fragments d'os (véritables!) datant de 250 millions d'années mêlés à de vrais dinosaures en plastique livrés tout droit de chez Toys'R'usse ... hem ...
Après le long quart d'heure de visite, déjà bien étiré, nous nous sommes redirigés vers la sortie. Auprès de la porte, de magnifiques dents de requins en résine nous étaient proposées. Mais, aspirés par le courant d'air, nous n'avons malheureusement pas eu le temps de les admirer plus longtemps. Ce qui est vraiment dommage, c'est qu'au même moment, des graines de tournesol étaient distribuées méthodiquement à chacunes des trois gerbilles.
J'oubliais, au-dessus des vivariums, entassées, de belles statuettes de dinosaures prenaient la poussière. De plus, nous avions eu confirmation qu'il s'agissait du fruit d'un travail artisanal: du papier toilette projetté sur des structures en fil de fer. Au-delà de la conception, ces excrésaures étaient vraiment réussis!

La fin de matinée approchant, il était temps pour nous d'aller nous restaurer. Nous avons donc traversé une partie de la ville. Nous sommes passés devant une ancienne église orthodoxe fermée par une porte blindée, devant de nouveaux détritus, devant des bâtiments anciens aux "ouvertures" murées, devant l'ancienne école, devant l'ancien commissariat et devant l'ancienne école de musique... Enfin, nous sommes arrivés devant un futur ancien café. Vu de la rue, une enseigne toute neuve faisait bon effet, tout en rappelant avec amertume l'affiche si réussie du chenil visité juste avant.
Une fois l'épaisse porte en bois passée, nous sommes arrivés dans un hall qui nous invitait à prendre l'escalier juste en face. Au premier palier, un énorme vestiaire dormait, rêvant sans doute de ses années passées d'activité intensive. Au second palier, un couloir aux murs recouverts de bois. En suivant le corridor, nous sommes passés devant la porte ouverte de la salle de plonge... un carrelage humide vert faisait ressortir le gris des joints moisis. Au bout du couloir, une grande salle aux murs refaits récemment nous attendait, une télé allumée derrière le comptoir au fond laissait s'échapper des refrains de pop russe des années 90. Non loin du comptoir, 1 client en train de manger. Pour l'accompagner, un des piliers du local faisait des allées et venues entre sa table et la salle de plonge. Derrière le comptoir, un femme (l'absence du "e" n'est pas une faute de frappe).
Nous nous sommes installés tous les 6 autour d'une table avant d'aller nous servir dans le self. Après nous être munis d'un plateau rayé et de couverts en aluminium, nous avions le choix entre 4 assiettes de crudités et une marmitte de soupe. Le fait qu'il s'agisse d'un plat chaud m'a rassuré, j'ai donc choisi une soupe. La femme qui nous servait s'est emparée d'une des assiettes encore mouillée posée sur la table derrière elle. Sur cette table, l'ensemble de la vaisselle de la cuisine semblait être rassemblé. Alors que la femme versait la soupe, une seconde dans le fond de la cuisine, toque sur la tête, versait sa préparation dans un plat pour servir, le plat en sauce accrochant au fond, elle dû se servir de ses mains nues pour le vider correctement. Dans la fin de l'allée du self, des tasses fendues, ebbréchées, tâchées étaient à disposition pour prendre un thé.
Le repas a ensuite eu lieu dans le plus grand des silences... Un seul des trois étudiants était notre interlocuteur. Avant de retrouver le premier train de l'après-midi, Nastia nous a emmené sur les bords de la Vyatka. Le spectacle était fidèle au reste de la ville.


Nous avons finalement longé les rues ponctuées de vieilles étoiles rouges jusqu'à la gare. Sur place, nous avons attendu, impassibles, le train du retour. Celui-ci est arrivé quelques longues minutes après l'horaire prévu. En montant à l'intérieur, nous sommes arrivés dans un de ces immenses wagons, comme à l'aller. La seule différence étant que cette fois-ci, les bancs en bois n'étaient pas recouverts de garniture...

De retour à Vyatka, je n'attendais qu'une chose: passer le seuil de la porte de l'appartement pour ensuite retrouver sur Internet, la femme que j'aime...
J'ai tout de même appris une chose après cette journée: même si je n'ai toujours pas l'explication précise de la disparition des dinosaures sur Terre, je sais au moins pourquoi ils ont disparu à Котельнич.
Heureusement, nous avions rendez-vous mardi après-midi chez Svetlana qui nous avait préparé des spécialités culinaires russes encore inconnues. Et, petite baie rouge sur le piroshki, elle avait invité un de ses collègues professeur de français, Serge, qui, comme Svetlana nous en avait averti, n'est pas venu les mains vides: il avait avec lui une bouteille de Cabernet-Syrah...

dimanche 26 octobre 2008

Visite de Казань

Vendredi soir, après les cours, quelques amis sont passés à l'appartement, mais la soirée n'a pas duré longtemps pour Ségolène et moi...
Nous avions rendez-vous à 22h30 devant le "globous" du quartier avec Anastasia et Svetlana (sa mère) pour retrouver le car sur la place théâtrale. C'est Svetlana, professeur responsable d'une classe de l'école 47 et qui a donc la charge d'organiser un nombre considérable de sorties, qui nous avait proposé de rejoindre l'excursion prévue...
Quand le car a démarré, nous entamions une route d'une durée de 7 heures pour rejoindre la grosse ville la plus proche de Vyatka: Казань (Kazan). Казань, bien qu'étant la plus proche, se situe tout de même à 400 kilomètres de Vyatka. Concernant la longue durée du trajet, elle s'explique par les arrêts dans des "cafés", et surtout par la mauvaise qualité de la route qui impose une vitesse de croisière modérée.
Après avoir passé la nuit à somnoler, et à manger une brioche très... dense achetée dans le "café", nous avons découvert éclairée de mille feux la ville de Казань... Il faut imaginer cette ville comme une ville au confort plus développé qu'à Vyatka. Tout d'abord, la population y est double: 1 116 000 habitants, et puis, bien que située en Russie, il s'agit de la capitale de la république du Tatarstan (cf. le drapeau ci-dessus)! Cette petite info implique quelques distinctions avec le reste de la Russie, tel que l'utilisation d'une langue différente, des règles de fonctionnement différentes, des tarifs inférieurs, tel que sur le carburant et un religion dominante différente du reste de la Russie: la religion musulmane.
L'ensemble de la journée (car le retour était programmé pour le soir même à 22H00) était organisé par une agence de voyage, la compagnie dans le car était donc variée, et, dans tous les cas, soucieuse de notre satisfaction concernant les visites!
Nous sommes arrivés à 6h00 sur la place de la gare, après avoir passé le poste de police à l'entrée de la ville. Un petit déjeuner acheté à la va-vite la veille à "Globous" nous attendait dans nos sacs à dos. Nous l'avons dégusté, couverts jusqu'au cou, sur un banc. En attendant le départ du car, nous avons voulu commencer à découvrir la ville à pied avec Ségolène et Anastasia. C'est là que nous avons eu la surprise matinale de croiser quelques porcs morts traînés sur des chariots par deux femmes âgées. Nous avons eu aussi un petit aperçu du développement de la ville en terme de transports. Celle-ci est attribuée de réseaux de bus, tramway et métro.
Après ce premier aperçu, nous avons repris le car pour aller déambuler à pied sur la place de la paix sur laquelle sont exposées de grandes quantités de véhicules militaires ayant servis pendant la seconde guerre mondiale. Nous avons continué la visite avec une église orthodoxe dans laquelle se trouvait une icône datant du XVIème siècle. Dans cette église, la chaleur nous attendait, et s'il était bon de retirer nos manteaux, les femmes, au contraire devaient se couvrir la tête... En plus de chaleur réconfortante, nous étions baignés dans un flot d'encens pour admirer les peintures, icônes et dorures présentes dans la salle principale. Enfin, pour le plaisir des oreilles, un coeur situé au-dessus de cette salle accompagnait les paroles du prêtre. Il faut en effet revenir sur la conception de la pièce: il n'y a rien à voir avec les églises catholiques que nous connaissons en France. En réalité, les deux édifices sont aux antipodes: le lieu de réunion des églises orthodoxes ne sont souvent qu'une grande pièce, beaucoup plus large que profonde, d'un côté l'entrée, qui fait presque aussitôt face à l'autre côté qui est une façade recouverte de peintures et dorures... On trouve dans les églises beaucoup de peintures seules devant lesquelles les fidèles viennent se recueillir... En plus de l'éclairage électrique de la pièce, les nombreuses bougies apportent une impression encore un peu plus chaleureuse. Enfin, avec la seconde église visitée l'après-midi, ainsi qu'avec la première église visitée quelques jours plus tôt lors d'un footing dans Kirov, je pense pouvoir généraliser en disant que toutes les églises orthodoxes ont leur partie shopping dans un des coins de l'édifice! Dans ce "God shop", on peut trouver des livres, des aimants, des icônes (plus ou moins réussies!) et autres bibelots... heureusement, ces coins souvenirs savent se faire extrêmement discrets...

Suite à la visite de cette belle église orthodoxe, nous nous sommes dirigés vers le kremlin de Kazan. Et oui, le kremlin, ce n'est pas qu'à Moscou comme je l'imaginais jusqu'à ce week-end. En fait, le kremlin correspond à la zone fortifiée des anciennes dans laquelle on trouve les lieux principaux de culte et surtout (comme aujourd'hui), le lieu de travail et de vie des grands dirigeants de la ville.
Alors que nous avions déjà aperçu le kremlin sous l'éclairage de la nuit lors de notre arrivée dans la ville. Nous avons était stupéfaits quand nous sommes arrivés sur place avec cette fois-ci la lumière du soleil qui se reflettait sur les murs blancs du monument. Les couleurs étaient magnifiques à l'extérieur comme à l'intérieur des murailles. Une fois dans l'enceinte du kremlin, nous avons approché la nouvelle mosquée de Kazan, construite il y a 5 ans pour le millénaire de la ville. Une fois de plus, le soleil, la blancheur des murs, l'architecture, le bleu turquoise de la toiture instauraient l'admiration. Après avoir été éblouis par la beauté extérieure de l'édifice, nous sommes allés à l'intérieur pour découvrir le luxe religieux... la pierre taillée, l'éclairage, la structure, une nouvelle fois les dorures, les arabesques, la taille des salles faisaient de cette mosquée l'endroit le plus travaillé et le plus luxueux jamais vu de ma vie.

Après ces deux visites pieuses, nous avons silloné les rues du centre-ville avant d'aller manger le repas du midi vers 11h00 (les russes n'ont pas d'heure pour manger!). Après ce brunch, nous sommes rentrés dans la seconde église orthodoxe mentionnée ci-dessus. Un style similaire, beaucoup plus sombre que la précédente, mais une même ferveur des visiteurs...

Sur le chemin du retour au bus, les filles sont rentrées dans un MacDo pour utiliser leurs WC. De mon côté, je suis resté dehors pour traîner devant les étals des marchands de souvenirs et m'arrêter devant les poupées russes version "voilées". Alors que je me dirigeais vers le stand, une trentaine d'hommes (jeunes et moins jeunes), encagoulés pour certains, marchaient d'un air belliqueux vers la terrasse du MacDo. Une autre bande, d'une dizaine de personnes, installée à la terrasse, a aussitôt réagi en apercevant le groupe: ils ont saisi les bouteilles en verre à leur disposition, les ont cassées sur le bord du trotoir pour s'en servir comme des armes, les autres bouteilles commençaient à voler en destination de la plus grosse des deux bandes. Dans le même temps, le groupe de la terrasse a jeté tables et chaises à terre, comme pour constituer une protection. Aussitôt, les plus excités des agresseurs commençaient à se jeter sur les hommes de la terrasse. En l'espace de quelques secondes, l'espace de la rue s'était transformé en scène chaotique. Tout ce qui passait à portée de main des deux bandes servait pour se battre. Bouteilles, poings et chaises volaient. Certains des agresseurs avaient même emmené avec eux des gourdins. Les passants, surpris par le conflit se précipitaient dans les magasins tandis que d'autres qui n'avaient pas vu le coup se préparer continuaient leur chemin avant d'être interpellés par des morceaux de verre glissant jusqu'à leurs pieds. Presque aussi rapidement que la scène avait commencé, les "acteurs" se sont ensuite éparpillés, et les employés du fast-food n'avaient plus qu'à remettre de l'ordre. C'est alors que Ségo, Anastasia et Sveta sont sorties du MacDo en se demandant quelle tempête avait causé ces ravages à l'extérieur... L'heure était venue de rejoindre le car.

L'après midi, le car nous a emmené dans une reconstitution d'un village tatare. Ici, la beauté des maisons en bois et le travail présenté étaient remarquables, mais l'entourage du "village" faisait défaut: des grands immeubles, commerces et grues sur les chantiers rapellaient la situation géographique du "village". Après cette ballade, le car nous a emmené dans un énorme centre commercial où se situe un des magasins IKEA. J'étais assez surpris de cette programmation, l'envie de passer deux heures dans les lieux historiques de la ville me démangeait bien plus que l'idée d'aller traîner les pieds dans cet énorme centre surchauffé au milieu duquel une patinoire était en fonctionnement. Mais comme me l'a rappelé Anastasia, je lui avais dit vouloir découvrir toutes les facettes de la Russie et des russes. Cette visite plaisait à l'intégralité du bus. Russe.

Le temps de se rendre dans ce centre commercial en bus, j'ai appris que les russes mangeaient leurs bananes à l'envers... Enfin d'après eux c'est nous qui la mangeons à l'envers...

Après ce court labeur (je n'imaginais pas passer autant de temps dans les magasins pendant ces trois mois), nous sommes allés nous défouler dans un aqua-parc. J'avais une légère appréhension à y aller, mais une fois les vestiaires high-tech passés, cette retenue s'est tout de suite envolée et les quatre heures passées à l'intérieur ont été agréables et drôles. L'aqua-parc est reconnu à travers une bonne partie de la Russie et beaucoup de russes font des kilomètres pour venir s'y divertir. Celui-ci est composé de dizaines d'activités différentes allant des toboggans les plus sensationnels aux jaccuzis reliés à un bar aquatique, tout en passant par des simulateurs de vagues pour faire du surf.

Cette activité nous a bien achevés, et nous a permis de dormir un peu plus dans le car lors du retour à Vyatka...
Après une dernière vue nocturne du kremlin et de sa mosquée, nous avons pris la route du retour.

Enfin, nous sommes arrivés tôt dimanche matin. A l'arrivée, le père d'un des élèves de Svetlana nous attendait avec sa camionette typiquement soviétique pour nous accompagner jusque chez nous.





Le dimanche après-midi, nous étions invités chez une enseignante de l'école 47. Nous avons passé l'après-midi à discuter école, manger des spécialités, et essayer des fourrures (surtout les filles!). De retour à l'appartement, il nous a fallu prendre notre courage à deux mains pour finir de préparer la classe du lendemain matin (RDV à 8h30 à l'école 30!).

dimanche 19 octobre 2008

On appât eu peur!

"D'habitude" le week-end commence le vendredi soir... Pour moi, il n'a commencé que samedi matin vers 4 heures.
Tandis que les filles ont retrouvé des étudiants vendredi soir pour un billard, il fallait de mon côté, que je me couche tôt: j'avais rendez-vous à 5h00 avec Sacha pour partir à la pêche.

Après un réveil discret, je suis arrivé sur le parking... un peu essoufflé mais à l'heure! Sacha était dans la "Gigouli"*, le moteur en marche pour le faire chauffer. C'est seulement une fois sur la route que j'ai compris l'intérêt de ce préchauffage!
*une Gigouli (Жигули) est une marque de voiture datant de l'époque soviétique, rachetée plus tard par la renommée marque Lada!
Nous avons donc commencé à suivre la direction de la datcha sur une route ordinaire, c'est-à-dire avec un revêtement goudron, une grande largeur et un peu de boue sur les côtés. Après quelques kilomètres, la Gigouli nous a fait faux bond! En plein milieu de route, le moteur s'est mis à ralentir avant de s'arrêter complètement. Sans perdre de temps (nous étions au milieu de la route en pleine nuit), Sacha a décrassé l'alternateur et nous avons pu repartir sans plus attendre.Quelques kilomètres plus tard, nous avons changé de cap pour emprunter une route identique, à la seule différence que le goudron avait cédé sa place à la boue épaisse et aux nids de poules (j'imagine d'ailleurs que les poules sont proportionnelles à la taille du pays étant donné la profondeur et la largeur des trous!). Il faut préciser que Sacha, dont la profession est chauffeur routier, est tout à fait sécurisant au volant. A ce stade, la qualité de la route ne laissait imaginer une voie dans un pire état. La suite me prouva le contraire. En effet, nous avons pris une "bretelle" qui donnait dans une sorte de champ. Cette fois-ci, le mot "adhérence" ne faisait plus partie du lexique local!... Ainsi, après avoir glissé sur quelques kilomètres, ce qui devait arriver arriva: nous nous sommes embourbés. Quelques minutes plus tard, dans la nuit de la campagne profonde, deux grands singes s'accrochaient aux branches de la forêt voisine pour récupérer du bois à glisser sous les roues... Après un bon moment, un manteau dénaturé, quelques litres de sueur et beaucoup de fumée, la Gigouli, tel un phoenix, renaquis de ses cendres!!! Nous avons pu poursuivre notre chemin avant de nous arrêter sur la berge... où nous sommes partis pour 2 kilomètres à pied.

Une fois sur place, Sacha a sorti le matériel de survie du pêcheur: les cannes, les appâts, du pain et du saucisson, deux verres et une bouteille d'alcool (très) fort. C'est ainsi qu'à 7h50, tel un vrai pêcheur russe (ou français après tout!), j'avalais après expiration mon premier verre d'alcool de piment.
Nous avons tenu ainsi jusqu'à 15h00, sous la pluie, entre pêche inefficace, saucisson, chocolat et alcool de piment. Mais si la pêche a été nulle, ce fût un moment très agréable de passé avec Sacha, de
nouveaux paysages de découverts, et la barrière de la langue s'étant effondrée dès notre première rencontre, nous avons beaucoup échangé et donc beaucoup appris!
Après avoir fini les restes du casse-croûte du pêcheur, nous avons repris les glissades pour aller chercher Anastasia à l'arrêt de bus le plus proche de la datcha. Sacha m'a d'ailleurs laissé conduire sa voiture sur la route "de qualité intermédiaire".

Sans trop attendre après notre arrivée à la datcha, nous sommes partis tout les deux au bania. Entre hommes. Ce fût encore un moment fort, reposant et viril quand il s'agit de frotter le dos à la fin de la séance.
Bien détendus après cette journée fatigante, nous sommes passés à table en compagnie d'Anastasia et de babouchka qui nous avait encore préparé un festin.
Après manger, et/ou après boire, c'est au choix, Anastasia et moi avons terminé la soirée devant les flammes de la cheminée.
Le lendemain, 10h00, Anastasia me sortait hors du lit pour l'accompagner dans sa séance de gymnastique quotidienne. Ensuite, après un petit déjeuner copieux et un peu de ménage, j'ai enfilé mes gants de travail pour aller couper du bois pour babouchka... l'effort en vallait la chandelle, lorsque j'ai découvert la table que babouchka nous avait préparée pour le repas du midi: borch, komepote (sorte de jus ou sirop de cerises préparé par babouchka), et autres petits plats colorés et parfumés nous attendaient. L'après-midi est ensuite passé rapidement avec Anastasia: au programme, français et ballade en forêt pour trouver deux branches aux propriétés précises.
A la fin de la journée, la Gigouli nous a reconduit jusqu'à Vyatka, comme si rien de ce week-end n'avait existé. Après une bonne douche, une tournée de linge, et une conversation internet avec ma chérie, il fallait dormir vite car une grosse semaine nous attendait dès le lendemain.

mercredi 15 octobre 2008

Semaine post-дача...

Cette semaine peut sembler bien tranquille après le week-end fabuleux à la campagne, mais nous avons tout de même appris beaucoup de nouvelles choses.

Tout d'abord, nous étions invités lundi vers 16h00 à aller au "café" avec la classe de deuxième année de l'université. Sauf qu'en Russie, au "café", on a plus tendance à manger qu'à boire! Nous avons donc passé un moment sympa autour d'une soupe aux champignons, d'un cocktail laitier à la banane et d'un dessert Napoléon (COCORICO!!!)
Mardi, l'école 47 nous avait invités à la représentation prévue en l'honneur des apprenants en langues étrangères. Cette représentation avait lieu dans une sorte d'amphi. Quand nous sommes arrivés, des élèves que nous avions déjà rencontrés ont prévenus leurs camarades que nous étions français. La nouvelle s'est répandue comme une traînée de poudre, et une fois assis, nous étions les bêtes curieuses, photographiés de toutes parts!
Leur représentation consistait en de petites récitations dans leur langue travaillée, ainsi que des présentations des pays concernés. La France a été flattée... Après cette première partie de soirée, Ségo et moi nous sommes retrouvés à manger de nouvelles spécialités chez Anastasia (où nous nous sentons vraiment très bien!)
J'oubliais, l'après-midi avant la réunion, nous sommes allés courir avec Anastasia et Ségo dans la forêt située juste derrière chez nous. Là-bas, en plus d'avoir bien ri, nous avons encore découvert de nouvelles choses: des plantes comme chez nous mais en plus grandes, des fourmilières comme chez nous mais en vraiment plus grand et des tuyaux de chauffage pas comme chez nous tellement ils sont géants!!!


Enfin, chaque jour de la semaine, nos journées ont été occupées par les visites dans les classes de l'université et les classes de l'école 47.

dimanche 12 octobre 2008

Un week-end à la дача (datcha).

Avant de partir à la дача, nous étions invités samedi matin à assister au cours de "secourisme" donné dans l'école 47. Cette école se situe dans notre quartier, c'est l'école dans laquelle Anastasia est passée comme élève, et où Svetlana, sa mère, travaille.
Ce cours de "secourisme" a été surprenant et intéressant. En effet, les objectifs de cette discipline sont savoir comment réagir en cas d'incendie, de tremblement de terre, d'attaque terroriste, d'isolement dans un milieu sauvage... Et nous sommes arrivés le jour de la démonstration de la Калашников (kalachnikov). C'est sûr, l'image de cette arme dans une salle de classe est surprenante! Mais il faut préciser le contexte: la classe concernée (classe de cadets) se prépare à une entrée dans les métiers de l'armée, et leur professeur, qui a combattu en Afghanistan, est quelqu'un de très jovial et d'ouvert. Il n'a d'ailleurs pas manqué de rappeler à plusieurs reprises que "un soldat n'est pas né pour la guerre, il est né pour qu'il n'y ait pas la guerre"...

L'après-midi, nous avons retrouvé Anastasia et Olga (sa petite soeur) pour prendre un bus direction la дача. Là-bas, leurs parents nous attendaient, ainsi que "Babouchka", la mamie...

Le long du trajet en bus, j'ai joué de la guitare et chanté suite à la proposition d'Anastasia. Et, alors que nous avions eu comme conseil avant le départ en Russie, de rester discrets, nous avons vu certains visages se détendre, au point que deux hommes différents sont venus me serrer la main et nous ont même fait partager à leur tour des chants traditionnels russes! Un moment unique, qui annonçait la couleur pour le reste du week-end...

Sacha (ou Alexander, le père d'Anastasia) est venu nous chercher en voiture à l'arrêt de bus le plus proche de la дача. Nous avons alors emprunté une vraie route de campagne. Hormis le fait qu'elle soit très large comme le reste des routes et rues de Russie, elle est en terre, et pleine de flaques et de boue. Sur cette route, au-delà des prouesses de conduite de Sacha, nous avons pu observer des empreintes d'élans ou encore un énorme barrage de castors!
Puis nous voilà arrivés à la дача... Un coin de paradis! L'espace est composé d'une maison, derrière laquelle se trouve un petit kiosque donnant vue sur le jardin. Un peu plus loin, une petite cabine en bois (comme la maison et le kiosque d'ailleurs) surgit seule, il s'agit des toilettes sèches. Ensuite, une autre construction, toujours entièrement de bois: le bania. Il s'agit en fait d'un sauna, dans lequel on vient aussi se laver... Enfin, à l'autre bout du jardin, la maison de Babouchka...
La дача, toute faite de bois, a été montée il y a une quinzaine d'années par Sacha et son frère. Pour sa construction, un seul clou final a été utilisé! L'intérieur est composé de deux niveaux: le rez-de-chaussée est un salon séparé d'un coin cuisine par le foyer. L'étage est une chambre, inutilisable à la saison, à cause du froid.

Pour en revenir à notre journée, après avoir déposé nos affaires et remplis nos yeux d'images sorties d'un livre, nous nous sommes installés, bien couverts, sous le kiosque avec toute la famille. Au centre de la table, au milieu de nombreux biscuits russes, saucisson et fromage, se dressait le majestueux samovar de la famille...
Le samovar permet de chauffer une grande quantité d'eau grâce à sa cheminée centrale qui peut être remplie de braises. Au-dessus, une petite théière pleine est conservée au chaud. Le thé que l'on prend ensuite de cette théière est rallongé par l'eau chaude qui sort du robinet latéral du samovar...
C'était donc un nouvel instant fort que de partager un thé en famille, bien emmitouflés, sous ce kiosque.
Après avoir fait ce "repas" (qui ne devait normalement pas en être un!), Anastasia nous a emmené au bania, qui était préparé depuis quelques temps avant notre arrivée... Elle nous a alors initiés aux règles de la pratique: une séance de bania est constituée de plusieurs entrées et sorties de la "salle chaude". Dans un premier temps, coiffés de jolis chapeaux en feutre, nous avons simplement pris la température puis nous sommes sortis au bout de quelques mintes pour prendre un verre de kvas, avant de rentrer à nouveau pour... se fouetter! Cet été, la famille a préparé de petits fouets en branches de bouleau et d'épicéa, qu'ils ont mis a sécher. Dans le bania, nous les trempons dans l'eau bouillante avant de nous fouetter l'un après l'autre... A la fin de la séance avec les filles, Sacha est venu me rejoindre pour un temps un peu plus viril! Il est venu pour ME faire ressentir le VRAI bania. Sacha a commencé par rajouter de grandes quantités d'eau sur les pierres incandescantes. La production de vapeur était énorme. Il m'a fait m'installer à plat ventre sur le banc en bois et a commencé à me fouetter avec les deux bouquets chargés d'eau brûlante... Après m'avoir fouetté (côté bouleau dans un premier temps puis, côté épicéa), il a appliqué par pressions les bouquets pleins de vapeur sur ma peau (lui, portait des gants!!!). On a répété la procédure sur le dos, j'ai eu droit à une dose d'eau très froide, puis nous sommes sortis boire un verre. Nous avons finalement procédé ainsi trois fois de suite et à chaque pause, Sacha prenait le soin de me faire faire de petits exercices pour contrôler mon état physiologique général... Après cette séance sensationnelle, c'est Sacha qui m'a lavé. Je me suis donc installé nu sur le banc et j'ai pu avoir un nettoyage des plus revigorant qu'il soit!

Sacha et moi sommes ensuite allés retrouver le reste de la famille dans la дача. La table était prête, la température haute et l'ambiance chaleureuse... Pour introduire le repas, ou finaliser le bania, Sacha nous a servi un verre d'alcool du Caucase qu'il a ramené pour "partager avec ses amis", cela s'appelle du "tchântchak" et avoisine les 60°... Pour le boire, il faut expirer, l'avaler cul-sec, expirer à nouveau et croquer un cornichon salé... Une autre expérience à vivre!
A table, nous avons pû déguster les brochets pêchés et fumés par Sacha avec des légumes préparés par Svetlana et Babouchka... un délice, le tout accompagné d'un bon Bordeaux et de vodka.
Toute la famille nous a finalement laissés à la fin du repas avec Anastasia. Après un dernier thé auprès du feu, Anastasia m'a emmené à la plage... Et oui, même au milieu de la Taïga, la plage est là, sur le bord de la rivière. Ce fut un moment d'échange important, musical et frais.

Après une nuit à quatre et un thé du samovar, nous sommes allés nous promener sous la neige dans la forêt voisine, un petit goût de pinèdes en bouche.
A notre retour, Sacha avait à nouveau pêché des brochets, mais le repas du midi était cette fois-ci préparé par Babouchka... Dans sa maison aux plafonds bas (pour atteindre plus facilement une température haute), chaque objet est une pièce de musée et chaque pièce est un objet de musée...
Nous avons donc découvert en arrivant, une Babouchka ravissante dans son tablier brodé, afférée à la préparation du repas, au four à feu de bois. Elle nous cuisait des блины (blinis), sorte de petite crêpe épaisse. Pour les accompagner, Svetlana et Babouchka avaient préparé un ensemble de préparations: crèmes aux baies rouges, oeufs brouillés, lait concentré, etc.
Babouchka continuait sa production de блины pendant que nous mangions à côté d'elle. Après un cours, j'ai pû prendre le relais dans la cuisson des блины. La chaleur face au four est vraiment cuisante (et oui!), les deux récipients de métal servant à la cuisson sont placés au fond du four, et c'est à l'aide d'une perche terminée d'un crochet que l'on peut manipuler ces gamelles. La cuisson se fait sans avoir à retourner le блины, sauf pour les блины à l'oignon: une fois cuit d'un côté, il faut le badigeonner d'oeuf battu à l'aide d'un pinceau fait de plumes de dindon, le retourner, recommencer et le laisser terminer sa cuisson. Heureusement pour moi, je me suis désaltéré d'une boisson extrêmement bonne appelée "compote", il s'agit d'un jus extrait de la cuisson de cerises (cueuillies par la famille)... un régal!

Nous avons finalement chanté pour terminer le repas, avant d'aller à l'étage (salon et chambre de Babouchka) faire une partie de carte. Nous n'avions alors plus que le temps de rassembler nos affaires, boire un dernier thé pour aller prendre le dernier bus direction Vyatka (Kirov) avec en plus dans nos sacs, des pommes du jardin et un brochet...